Edvard Munch Le peintre de l'amour, de la mort,de la douleur </font> marqueur eStat'Perso

Edvard Munch

1863-1944
Le peintre de l'amour, de la mort et  de la douleur

 

En bref

Le peintre de l'amour, de la mort et  de la douleur

l'art de Munch se nourrit des bouleversements de sa vie affective : mort de sa mère, de sa soeur, mariage malheureux avec Tulla Larsen. Pétri de ces  réminiscences autobiographiques, l'art de Munch évolue néanmoins vers la fin des années 1890 vers des valeurs universelles. La passion, la jalousie, l'angoisse devant la mort qui forment la trame de ses tableaux ne renvoient plus à la souffrance de l'artiste mais à celle de l'humanité tout entière. Son style se fait plus synthétique. Des motifs stylisés, hantent ses compositions plus épurées  qui ont la monumentalité de la fresque composée de ses 4 tableaux: le cri et l'anxiété qui sont une  manifestation de   l’angoisse et du « malaise dans la civilisation » la voix et  cendres qui sont une  représentation  de la femme moins d'une femme destructrice, que  la mise en acte, l'objectivation d'une séparation ontologique entre les sexes.

Poète de la vie, de l'amour et de la mort

Edvard Munch représente la contribution inattendue de la Norvège à l’épanouissement de la peinture et de la gravure au XXe siècle Certains événements tragiques de son enfance, comme la perte de sa mère et d’une de ses sœurs,Sophie,  qui moururent toutes deux de tuberculose, sont à l’origine de sa révolte.  Munch, sous le coup d’impressions nouvelles, écrit : « Les peintres ne représenteront plus de scènes d’intérieur, l’homme lisant, la femme cousant, ils doivent peindre des hommes qui respirent, s’émeuvent et aiment [...] Je vais faire une série de tableaux dans cet esprit ; il faudra que l’on comprenne ce qu’ils contiennent de sacré, et que les gens se découvrent devant eux comme s’ils se trouvaient dans une église. » Proche par sa culture, de la philosophie de Schopenhauer et surtout  de Nietzsche dont le pessimisme radical  la profondément influencé il entreprend une série de tableaux qui traduisent ses obsessions. Le thème omniprésent de la mort rôde.

Edvard  Munch est dans la pure tradition symboliste.

Munch exprime l’idée que l’humanité et la nature sont inexorablement unies dans le cycle de la vie, de la mort et de la   renaissance . Stéphane Mallarmé voyait parmi la nuit hantée de fantômes espiègles, de rêves fantasques des jardins qui ressemblaient à ceux que les malices des enchanteurs construisent d'un coup de baguette magique.

Munch  de son côté s’acharne à vouloir percer les mystères de l’âme humaine à partir des images qui le hantent depuis longtemps, son univers   est totalement intériorisé; la  contemplation de son oeuvre, hallucinée, conduit à opérer au tréfonds de sa conscience  une recherche  du souvenir; c'est  une quête dans la texture de la toile des replis de notre âme à laquelle on  procède, ressemblant un peu à l'attitude que l'on a face au  miroir chez   Mallarmé dans la profondeur duquel se reflète et  s'abîme notre conscience.

Edvard  Munch conduit un expressionnisme oppressant dominé par une tension psychologique portée à son paroxysme

 

Or ce cri tragique de l’horreur existentielle a été poussé dans la société scandinave, conformiste, puritaine et bourgeoise. Le crépuscule des dieux et ses tintamarres wagnériens n’expliquent donc rien du tout. En revanche, l’intrusion de l’inconscient sur les divans de Vienne ou de Christiania, ou à la Salpêtrière, a peut-être joué pour l’expressionnisme le rôle qu’avait tenu le destin dans la tragédie grecque. Le terme doit être entendu ici dans son acception clinique. « La sueur par expression, écrit Littré, se dit des gouttes de sueur qui se montrent sur la face de ceux qui souffrent une angoisse extrême, et, particulièrement, sur celle des agonisants. » Voici la scène originaire de la genèse expressionniste, qui va faire de la culpabilité et de l’agonie les supports de l’expression, grossie démesurément par l’emphase dramatique du style.

il manifeste la pesée extrême du tourment intérieur sur la recherche formelle. Comme Malaparte a défini la technique du coup d’État, les poètes et les peintres expressionnistes ont inventé le style de l’angoisse et la technique du « malaise dans la civilisation ». Il est assez absurde de voir là le témoignage des miasmes morbides de l’âme allemande, puisque Benn ou Kirchner , après tout, ne font que radicaliser le programme du spleen baudelairien. Et la première dramaturgie géniale de l’expressionnisme est née avant lui, et ailleurs : c’est un tableau de 1893, Le Cri , œuvre du peintre norvégien Edvard Munch. Titubant contre la balustrade d’un pont qui domine la mer soulevée comme par un spasme, un être hagard se serre les tempes à deux mains et crie sous un ciel sanglant. Deux personnages, vus de dos, s’éloignent dans le lointain, leurs hauts-de-forme sur la tête.

 



 

 

Notes biographiques

1863-Edvard Munch naît le 12 décembre  à Loien, au nord d'Oslo. Son père, médecin militaire, est issu d'une famille de hauts fonctionnaires, d'intellectuels et d'artistes. 1868 mort de sa mère, Edvard et sa soeur Sophie sont élevés par leur tante. 1880, Munch note dans son journal : «Je suis maintenant décidé à devenir peintre».1881 Munch entre à l'école royale de dessin et suis les cours du peintre naturaliste Christian Krohg 1882 fréquente l'académie de plein air de Fritz Thaulow, futur ami de Gauguin1885 première visite à Paris. Il peint la jeune fille malade en souvenir de sa soeur Sophie morte de tuberculose et des tableaux naturalistes.1889 subit l'influence des impressionnistes puis celle de Van Gogh, Gauguin, Seurat et Toulouse-Lautrec,il peint le printemps 1892 Il peint la chambre mortuaire 1893-1894 il est à Berlin il où il connaît une véritable fièvre créatrice; ses tableaux traduisent ses obsessions: l'amour, la mort et la douleur que l'on retrouve dans son tableau le cri. 1895 il réalise la synthèse de ses intentions et de ses hantises dans un vaste cycle la frise de la vie qui comprend la voix, cendres, le cri et anxiété 1902 présentation de la frise de la vie au public.1909 Il entreprend le décor de l'université d'Oslo 1916 Munch s’installe en 1916 à Ekely, dans une propriété proche de Skøyen, aux environs de Christiania 1944  mort de  Munch à Ekely; il  lègue son atelier à la ville d'Oslo.

 

L'expressionnisme de Munch

 Edvard  Munch est la plus parfaite incarnation de l’expressionnisme. Ses thèmes : sexualité, religion, mort, sa technique violente, sa palpitante humanité, tout dans son art oblige le spectateur à s’adapter à un univers très personnel, non seulement plastique mais moral. Cette spécificité d’un univers est aussi le propre du Belge Ensor, avec ses masques , ses coquillages, ses squelettes, attributs d’une vision tragico-comique de la vie. L’Entrée du Christ à Bruxelles, de 1888, marque le début de l’expressionnisme précurseur. Cette œuvre fut suivie d’un autre scandale, la fermeture de l’exposition Munch à la Künstlerverein de Berlin en 1892.

Avec son tableau oppressant Le Cri (1893, Nasjonalgalleriet, Oslo), Edvard Munch annonce la naissance d’une esthétique radicalement anti-académique : l’expressionnisme, dominée par une tension psychologique introspective quasi paroxysmique à l’origine de saisissants signes physiognomoniques. Sa portée sera immense dans l’art occidental tout au long du XXe siècle. La technique spontanée et le contenu sans concession de ses œuvres (tableaux et gravures sur bois), conséquences d’une expérience existentielle douloureusement assumée, marqueront sensiblement – mais dans des circonstances idéologiques contradictoires – de nombreux « fils spirituels », notamment : les représentants expressionnistes et néo-expressionnistes européens et américains, depuis Die Brücke jusqu’à Georg Baselitz (Homme avec voilier-Munch, 1982, Staatsgalerie, Stuttgart), en passant par Cobra, Francis Bacon, Willem De Kooning ou encore Bengt Olson, pour ses « dépaysages » extatiques.

Poème de Mallarmé

< Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,
Un automne jonché de taches de rousseur
Et vers le ciel errant de ton oeil angélique
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur!
- Vers l'Azur attendri d'Octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.>>
( soupir de Stéphane Mallarmé)

Exposition des oeuvres d'Edvard Munch

notamment la frise de la vie composée du cri, de l'anxiété, la voix et cendre et des toiles dont la mort qui rôde est le thèmes omniprésent