galerie de tableaux James Mac Neill Whistler

 

Galerie de tableaux

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James Mac Neil Whistler

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L'artiste inaugure une technique picturale très particulière, à la fois spontanée et invisible. Car contrairement, là encore, aux impressionnistes, il croit qu'«un tableau est achevé quand toute trace des moyens utilisés a disparu». Il y parvient en délayant ses

pigments dans un mélange d'huile de lin et de térébenthine qui fusionne avec les couches précédentes sans laisser la trace du

pinceau. Par son aspect immatériel, cette technique est plus proche de l'encre des estampes japonaises ou de l'aquarelle que de

la peinture à l'huile traditionnelle, dont elle refuse la densité. La toile est entièrement couverte en une seule séance. C'est la viva-cité de ce travail qui permet de traduire dans toute sa fraîcheur l'impression première. Les premiers Nocturnes datent de 1866. Cette année-là, Whistler, sur un coup de tête, avait volé au secours des Chiliens en guerre avec l'Espagne. Un intermède sans doute nécessaire pour clarifier sa situation artistique, encore tributaire du réalisme de la génération de 1863. A son retour de Valparaiso, il peint Nocturne, le Soient, une toile lavée d'un bleu indéfinissable où la mer et le ciel se confondent. Dès lors, les nocturnes sur un même thème qui annoncent les séries de Monet. De cet ensemble unique dans le siècle, le Nocturne en noir et or, la chute de la fusée, véritable explosion picturale, se détache par sa violence tachiste. Plus serein, le Nocturne gris et argent se compose de deux

bandes bleu-vert alternant avec deux bandes grises. Au contact de ces deux couleurs naît une brume presque imperceptible qui esquisse un paysage virtuel. Whistler a atteint ici le seuil de la non-représentation. La suite, il faudra la chercher dans les compositions de Mark Rothko des années 1950. Car ces nocturnes furent pour Whistler le chant du cygne. Jusqu'à sa mort en 1903, le reste de sa production s'élève rarement au-dessus du médiocre. Les titres alambiqués, comme Arrangement en rosé, rouge et pourpre, ne désignent le plus souvent que des pochades,

insipides femmes dans des intérieurs ou paysages fantomatiques, et ses grands portraits  les couleurs sales des tableaux fatigués par les repentirs. Poussé dans ses retranchements par le procès contre Ruskin, ruiné, contraint à vendre ses chères collections, détruisant certaines de ses œuvres plutôt que de les voir tomber aux mains des huissiers, Whistler se réfugie avec arrogance dans la doctrine de l'art pour l'art.(JÉRÔME COIGNARD)

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Au piano-1858 Musée de Cincinnati